Voici nos pas sur la terre
Nous entrons dans ce recueil comme chez un homme découvrant peu à peu la vérité du temps qui passe. L’emportement nécessaire de l’amour l’aurait distrait depuis longtemps de cette vérité, et cet homme aurait été auprès des choses comme la feuille sur une branche. Après l’enfance et la jeunesse, il aurait vécu quelque chose d’autre, toujours difficile à nommer. Pour l’essentiel, l’existence aurait donc été faite d’un temps indéfini, évanescent, mais qui le traversait tout de même. Heureux et souffrant tout à la fois, reconnaissant et par moments consterné par la dureté du destin. Enfin, vers le milieu de sa vie, il aurait cessé « posément » d’être jeune. Une existence étonnante aurait dès lors commencé, pleine de hasards familiers, de désirs pacifiés, de drames importants, de joies pures et de craintes assumées.
La nuit venue, il m’arrive d’imaginer des gens scrutant tout comme moi les étoiles au-dessus des arbres, et guettant sur le ventre luisant de ces astres le feu, la promesse de quelque jour nouveau. Cela me réjouit : peut-être après tout sommes-nous plus nombreux qu’il n’y paraît à veiller, ainsi que le monde semble si mystérieusement nous le demander, parfois.
DANS LA PRESSE
«C'est avec patience et “contemplation” que le poète nous livre ses observations sur la nature comme sur l'humain : “Le soir je trouve au bout du champ / la lumière tremblante d'une veille / je marche je marche / c'est toujours ton corps murmuré ”. Poésie de l'équilibre, sensible aux choses de la vie, poésie de partage et d'accompagnement, [elle] est une parole que l'on reçoit comme une généreuse célébration de notre passage “sur la terre”.»Claude Beausoleil, La Presse 2006