Seul demeure le cri
Avec un avant-propos de Lula Carballo
Presque trente ans nous séparent de la première parution de Balafres et plus de vingt ans depuis Et puis parfois, quelquefois… Pourtant, tout résonne. Les violences, les résistances, les luttes — tout est là, intact. Peut-être plus vibrant encore, à la lumière de notre époque. Car les injustices que Marie-Célie Agnant nommait alors ne se sont pas éteintes. Elles ont pris de nouvelles formes. Et sa parole, aujourd’hui, continue de les évoquer sans concessions. Ce genre de retournement dit bien que la poésie est un corps vivant. Qu’elle évolue avec nous, qu’elle reprend son souffle à travers le temps. Parce qu’en ouvrant les livres d’hier, reste (sien) tout ce qui s’y trouve, elle décrit, notre post-humanité.
– Lula Carballo
La parole a fui au loin
seul demeure le cri
et chaque nuit
sur le pas de nos portes
abandonne
sa brassée de chimères
Dans ses textes, la féministe née à Port-au-Prince tisse une toile puissante autour de l’identité féminine et de l’expérience de l’exil. Son cri, comme l’indique le titre, n’est pas seulement personnel : il est le porte-voix des douleurs historiques et des luttes contemporaines.
Audrey-Anne Blais, La presse (7 novembre 2025)
J'ai l'impression qu'on ne célèbre pas assez la grande voix qu'est celle de Marie-Célie Agnant dans le paysage de la littérature québécoise. [...] Aujourd'hui, mon objectif c'est de mettre de l'avant la lumière, l'écriture de Marie-Célie qui est baignée de lumière. En tout cas, c'est ce qui se produit dans le double recueil Seul demeure le cri, où la poète décrit une sorte de plainte sourde, une sorte de plainte intérieure, une agitation qui cherche à sortir, à émerger des corps souffrants, à commencer par le corps de la poète.
Michael Blais, Il restera toujours la culture, Radio-Canada (26 novembre 2025)

