Recueillir
Avec une œuvre d’Audrey Murray en couverture
Dans une forme ouverte et libre, où surviennent plusieurs visites de l’inattendu, Recueillir de Louise Warren offre l’histoire d’une écriture vécue au présent. D’abord, les gestes d’origine : lire, souligner, prélever, découper, coller. Depuis les premiers journaux, le geste d’écrire est marqué par la pratique du collage et de la citation. Puis, l’attention de l’écrivaine s’élargit aux autres quêtes qui la tiennent en alerte. Les retours de sa mythologie intime. La réflexion sur le fragment. Les échos des livres et de ses lectures. Le rêve, qui accompagne la recherche. L’art poétique et la pensée de la création en acte.
Enfin la contemplation, la méditation. Au terme de la traversée, dans un nouvel espace de lenteur et d’écoute, des poèmes apparaissent tels des lichens retenant et nourrissant le sol.
Écrire pour prendre soin du présent, du vivant, du plus petit ou de l’invisible, tel est mon engagement, tel fut mon abandon, telles sont mes marques d’amour. Je me suis souvent servie de mes incertitudes comme outils de création ou comme moteurs de recherche. Il arrive que l’insomnie ou des rêveries prennent le relais de l’écriture et veillent sur ces énergies de l’ombre, ces mondes du dessous.
DANS LA PRESSE
Recueillir, comme Louise Warren forme un recueil de poésie, d’essais, de rêves. Recueillir, comme elle récolte les citations pendant l’acte de lire pour les déposer au cœur des textes et dans des endroits moins fréquentés. Pour elle, loin d’être une copie, la citation élargit le propos et permet de démontrer de la gratitude. Dès ses premiers journaux, la citation et le collage sont expérimentés. Ces pratiques permettent de se lier aux autres et à soi. Aussi, une grande réflexion sur le fragment traverse les pages. En seconde partie, une méditation permet de se recueillir. Le tout forme un guide pour saisir l’esthétique de cette grande artiste qui publie depuis plus de quarante ans. Un livre à conserver précieusement pour stimuler le processus créatif et pour la citer.
Julie Collin, Les libraires craquent (2025)
Cette année, Louise Warren est de retour avec une œuvre hybride, Recueillir, une juxtaposition de prose et de vers où il est notamment question de l’usage de la citation. « Une citation dans un texte ajoute du relief, explique l’autrice. Une broderie ou une broche s’agrippe à la page. Les fragments s’ajustent par fronces, par plis. Par moments, j’ai réellement l’impression d’être une artisane. Je sais toutes les strates de tissage et je joue avec ces fils pour obtenir un texte fluide qui conserve tout de même des aspérités. »
Sarah-Louise Pelletier-Morin, Le Devoir (1 février 2025)
Le parcours, empreint de contemplation et de lenteur, invite à une écoute profonde. Au fil de cette traversée, des poèmes naissent, fragiles et vivants, comme des lichens nourrissant la mémoire et l’imaginaire.
Élise Jetté, Radio-Canada (8 janvier 2025)
Ajoutons que l’œuvre de Louise Warren est d’une cohérence rare. Chaque livre reprend les mêmes motifs, se penche sur les mêmes obsessions. Dans ses recueils, qui peuvent être considérés comme des herbiers par leur manière d’exposer une collection de pensées, l’écrivaine médite sur la nature. Elle se montre toujours attentive à l’infime – une ombre, un brin d’herbe – et galvanisée par son désir de création.
Sarah-Louise Pelletier-Morin, Lettres Québécoise no196 (2025)
Ce livre, qui prend racine dans le collage et la citation, deux gestes fondamentaux de son travail, nous ramène à tous ces passages de livres qui tapissent nos écritures ou nos imaginaires. Pour cette essayiste, il y a dans la citation un geste de validation, mais pas seulement : « Elle fait approuver une idée, confirme la justesse d’une image ou d’une formulation. Geste d’affirmation et d’appropriation, elle soutient un point de vue, resserre un morceau du monde devant l’infini de la littérature ou face au débordement incessant de la pensée. »
Félix Morin, Les libraires no 150 (septembre 2025)

