Collection initiale
2025

$22.95

978-2-89766-483-1
$16.99
978-2-89766-484-8

Le corps est une maison sans grands-parents

Laura Bari

Avec des œuvres de l’autrice.

Dans un village d’Argentine, une maison se meurt. On y entre comme dans le corps de l’enfance. Murs et ossature, lieux évidés, adultes et enfants du passé se fondent dans la mémoire de celle qui retourne au seuil et ouvre la porte à un temps révolu. Noyées par l’une des plus longues dictatures du pays, les voix fantomatiques du lieu retrouvent enfin leur souffle.

À travers une adresse amoureuse et clairvoyante, la narratrice donne corps à sa maison d’enfance jusqu’à leur permutation : qui regarde qui ? Dans quelles veines coule le sang ? À qui appartient la peau de l’enfant ? Dans ce chassé-croisé foisonnant, les poèmes du corps est une maison sans grands-parents abattent les murs de l’héritage pour ne laisser que le cœur battant qui unit la jeune fille à son nid originel.

 

devant tes yeux

submergés par une poignée de ballons
nos dimanches au parc s’échappent
et les enfants perdent leurs parents

maison timide et lointaine
je te sens encore
de l’autre côté du gouffre

légère comme une soupe

l’odeur du mur chagrine
mon invariable retour
vers toi

DANS LA PRESSE



À une autre époque, régimes autoritaires, guerres et coup d’État ont affligé ce pays, laissant de profondes cicatrices que Laura Bari ose revisiter. Entre ces murs qui ont vu mille vies, « l’innocence politique n’aura jamais eu lieu ». Les dictateurs s’expriment à la radio, les enfants pleurent, les adultes se soûlent, et il en restera toujours des murmures.

Audrey-Anne Blais, La Presse (2 mars 2025)

Première incursion littéraire, Le corps est une maison sans grands-parents se propose de revisiter la maison de son enfance, où les voix fantomatiques de cet autre temps, « noyées par l’une des plus longues dictatures du pays », « retrouvent enfin leur souffle. » « À travers une adresse amoureuse et clairvoyante », les vers de Laura Bari rejouent les questions de l’identité et de l’héritage, donnant parfois corps au réalisme magique.

Yannick Marcoux, Le Devoir (18 janvier 2025)

Originaire d’Argentine, la poète retrouve au fil de son recueil des souvenirs qui ne peuvent qu’être douloureux : « fendue ma bouche / saigne ». La dictature a fait des ravages, les traces en sont irrémissibles. [...] La poésie la sauve, les livres vivent. Ce très beau recueil nous rappelle la précarité de toute vie et la façon de la maintenir dans le réel des mots.

Hugues Corriveau, Le Devoir (janvier 2025)