Elle, Ulysse
Dans sa réécriture poétique et audacieuse de l’une des histoires les plus prégnantes de la mythologie grecque, la poète féminise la figure d’Ulysse et la recrée en fille de Pénélope, présentée en mère depuis longtemps veuve, tyrannique et, jusqu’à sa mort, dévorante.
Comment se sortir vivante d’une telle dévoration ? Comment s’en échapper, se demande Ulysse vieillissante ? Sinon par l’écriture. D’abord, celle qu’on dit de survie, au style plus narratif, qui avance au milieu de tout ce qui meurt en elle, tout près et plus loin – cette immense douleur des peuples. Puis, celle qui permet de rêver de réconciliation et d’amour, le poétique recouvrant ici ses droits, au moment où – l’artiste et ses œuvres lui portant secours – l’espoir apparaît, empreint à la fois de doute et d’utopie.
C’est ce qu’elle a cru – la mère.
Ce qu’elle a eu tort de croire. Ce qui a fait
exploser fiel et sarcasme
dans le couloir exigu
d’où ont surgi les récits d’Ulysse.
Et au bout du compte
tant le torrent de sa honte
que son affliction de fille
condamnée
à l’inapaisement.
Alors
qu’il y aurait tant – une fois de plus – à faire
éclater.
À adoucir.
À adoucir surtout.
DANS LA PRESSE
« Je pensais mourir en femme sage et sereine, au contraire, je suis plutôt rebelle. » Émilie Perreault consacre 30 minutes à Denise Desautels, dont l'œuvre profonde et sensible explore les complexités de l’intime. La poète continue de marquer la littérature contemporaine avec un regard nouveau sur un mythe classique : dans Elle, Ulysse, elle propose une relecture au féminin du conte homérique.
En entrevue à Il restera toujours la culture (6 mai 2025)
Elle, Ulysse, cherchant ailleurs, voyageuse, des éblouissements qui ravivent l’âme. Ce recueil inscrit l’espoir dans cette œuvre qui continue de nous éblouir.
Hugues Corriveau, Le Devoir (21 juin 2025)
Aux croisements du journal, de l’essai, du récit ainsi que de la poésie narrative, elle aborde, dans ses œuvres, les thèmes de la mort et de la filiation, mais aussi les notions de collectivité et de sororité. Dans ce long entretien, Denis Desautels nous dévoile les poètes et les extraits qui l’habitent, mais aussi ce qui guide ses rapports à l’écriture, le tout livré dans un entretien d'une sincérité et d'une douceur à l'image de la poète.
Benoît Erwann, Le bruit des choses vivantes (10 juin 2025)
Elle, Ulysse revisite le mythe homérique à travers le prisme de l’héritage maternel et de l’errance intérieure. Dans une langue habitée par la perte et le voyage, Denise Desautels échafaude une odyssée intime où l’exil ne se mesure plus par la distance, mais par la solitude.
Salomé Assor, Lettres Québécoise, numéro 197 (2 juin 2025)
. La langue précise de la poétesse joue avec les silences et les espaces, créant ainsi une poésie qui porte, où le poids de chaque mot semble mesuré. Les citations de diverses poétesses québécoises et les œuvres de Béliveau créent également une communauté artistique, complément horizontal des liens verticaux qui habitent le recueil.
Flore Thery de librairie La maison des feuilles, Les libraires craquent (27 août 2025)

