1984

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ISBN : 2-89018-100-6

Comme tournant la page

Alexis Lefrançois

Comme tournant la page, d’Alexis Lefrançois, comporte deux recueils : vol. I –Poèmes 1968-1978 (avec des dessins de Miljenko Horvat), et vol. II – Petites choses 1968-1978 (avec des collages de Célyne Fortin et Maude Bonenfant).

quelque part le bouquet de soleils se paie au prix fort de la folie
quelque part des cris insoutenables s’arrachent à la couleur
quelque part l’angoisse de quelqu’un tourmente le granit
quelque part les yeux sont des brèches par où la nuit déferle
quelque part les yeux sont de grands trous vides
par où la nuit déferle
quelque part la nuit déferle

 

il a cueilli vincent des tournesols jolis
et pound aussi était un fou charmant
et pound aussi était un canari chantant et pound aussi
qui roucoulait si gentiment
sagement son délicieux canto
pisan était en cage un fou ma chère
charmant charmant

DANS LA PRESSE


« Ce qui étonne dès l'abord à la lecture du volume I de Comme tournant la page, c'est l'écart existant entre les émotions du poète et les moyens d'expression utilisés pour en témoigner. Ces “poèmes”, ainsi qualifiés par comparaison aux “petites choses” qui composent le volume deux, distillent, sous des dehors chanteurs, un mal d'être qui ne cesse de se heurter au large tracé de l'expression et à la présence récurrente des éléments, de la nature et de la lumière. Cette impossibilité apparente de ne pouvoir faire corps avec les paysages qui le hantent – la perte d'un contact originel avec les éléments: eau, air, feu (lumière, clarté, cristal, blancheur) — incite Lefrançois à se réapproprier l'immense potentiel lyrique que recèle le langage. [...] Si le langage est un hochet et que Lefrançois en joue avec désinvolture, il sait aussi en tirer des airs plus émouvants. Quand la poésie “me montera aux yeux comme des larmes”, je relirai Lefrançois. »
Robert Yergeau, Lettres québécoises, n° 37, 1985

« On est spontanément conquis par les mots lumineux du poème, les architectures raffinées, délicates, faites de reprises judicieuses, de rythmes savants, de recours calculés aux formes traditionnelles (l'alexandrin); le tout est enchanteur... »
André Brochu, Voix et Images, vol. 10, n° 3, 1985