Bouts de souffle
Dans le bruit infernal d’un monde au bord du gouffre, que peut encore l’écoute ? Bouts de souffle de François Dumont n’offre pas de réponse, mais laisse agir les possibles de l’attention. En trois mouvements, le recueil traverse les formes de l’épuisement, des agressions de la violence jusqu’aux murmures d’une voix qui se déleste, mais qui persiste. La première partie porte sur l’omniprésence des pouvoirs aliénants et l’effet lancinant de leur intrusion dans la vie quotidienne. En réaction à cette invasion brutale, la deuxième partie se déploie en une adresse à la figure ancienne d’Hildegard von Bingen, compositrice du Moyen Âge qui a laissé, depuis un passé pourtant révolu, des chants de présence. Finalement, la partie « Veille » offre une suite de méditations orientées vers l’avenir : les poèmes, telles des haltes où reprendre le souffle, réconcilient l’indignation, la fatigue et la patience.
Avec une œuvre de Thomas Corriveau en couverture.
Je marcherais les mains ouvertes
puis m’arrêterais sous les arbres
et déposerais ma fatigue
je longerais la rivière lente
regarderais l’eau adoucir les pierres
me dirais que la patience
est l’une des formes du courage

