Volontiers le réel
À quoi s’accrocher lorsque tout vacille ? Dans ce recueil où le réel se laisse traverser par l’imaginaire, la narratrice accompagne une autre femme dont les repères se dérobent et dont la conscience s’ouvre à un monde d’hallucinations. À mesure que les images du quotidien et celles des souvenirs se déplacent, les voix se rapprochent jusqu’à brouiller les frontières entre ce qui appartient à l’une et à l’autre. Deux forêts se dessinent dans la langue; la première façonnée par les égarements de l’esprit, la seconde par les puissances de l’imaginaire. Arbres, frontières, feu et animaux : la forêt devient un lieu d’accompagnement où l’on cherche moins à distinguer le vrai du faux qu’à maintenir le lien et à prendre soin.
Méditaton sur la présence à l’autre et la fidélité, les poèmes rappellent que le réel n’est peut-être pas ce qui s’oppose à l’imaginaire, mais ce vers quoi l’on revient, volontairement, pour continuer à habiter le monde.
Avec une œuvre de Louise Marois en couverture et à l’intérieur.
Dans le chaos – tu dis :
le petit enfant est abandon.
De qui parles-tu ?
De toi ? De moi ?
Tu étais cette fille
témoin de la brutalité.
La plaine était ton vêtement.

