L’insidieux soleil, pour toujours
Dans ce recueil où la poésie circule entre le récit familial et le documentaire médical, Charlotte Francœur explore les formes intimes de l’éloignement et de l’abandon. L’insidieux soleil, pour toujours suit la trajectoire de deux corps en miroir : un père qui a tout laissé derrière lui pour vivre en Thaïlande et sa fille qui tente de s’affranchir d’un héritage de la fuite. Le choc brutal d’un AVC viendra les réunir à nouveau : le temps arrêté de la guérison fera miroiter la possibilité d’un rapprochement, avant d’en révéler les failles et l’inachèvement.
Tandis que le père réapprend à marcher, la narratrice entreprend sa propre quête de liberté, apprend les gestes de l’indépendance et du mouvement vers soi. Mais comment partir sans abandonner ? Ou comment rester sans se sacrifier ? À travers une nécessité de prendre soin, les poèmes ouvrent un autre chemin, une troisième voie qui n’est ni fuite ni immobilité, mais une manière consciente et fragile d’habiter le déplacement.
Avec une œuvre de Jérôme Nadeau en couverture.
chacun de nos pas confirme
notre présence dans l’insensé
malgré la bienveillance
nous ne souhaitons pas nous laisser conduire
à travers l’inconnu du paysage
et du destin
car si nous marchons malgré l’irréelle
chaleur de décembre
nous sommes en vie
et tant que nous marchons
dans ce pays que tu as choisi
tu restes en vie

